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jeudi 8 mars 2018

Journée internationale des femmes ~ Vandana Shiva : "J'en appelle à la désobéissance créatrice"



En cette Journée internationale des femmes, également appelée journée internationale des droits des femmes, il est heureux de lire la lucidité clairvoyante incarnée en Vandana Shiva : "J'en appelle à la désobéissance créatrice"... 











Vandana Shiva, Italie, juillet 2017
© Stefano Montesi - Corbis/Corbis via Getty Images

 

 

Vandana Shiva : "J'en appelle à la désobéissance créatrice"

Rédaction GEO - Mercredi 7 mars 2018

Atteintes aux droits de l’homme, pillage des ressources, déforestation… En quarante ans de luttes, l’activiste indienne, prix Nobel alternatif et figure de l'écoféminisme, s’est engagée sur tous les fronts. Elle revient pour GEO sur ses combats les plus marquants et nous livre sa vision d’un militantisme où chacun(e) a le pouvoir de changer le monde.
Écharpe de coton rouge au cou, le front orné d’un tilak porte-bonheur, Vandana Shiva s'apprête à monter sur scène. Nous sommes en octobre 2017 et cette physicienne de formation, devenue une figure majeure de l’altermondialisme et de l'écoféminisme, est de passage au Havre pour donner une conférence sur l’économie positive. L’occasion de passer en revue, avec nous, sa vie de luttes, de ses premières victoires contre l’abattage des arbres en Uttar Pradesh (nord de l’Inde) à son combat contre les OGM. Cette militante infatigable nous a aussi expliqué pourquoi notre époque avait tant besoin d’engagement citoyen.

GEO : Comment est née votre vocation ? 

Vandana Shiva - J’avais 20 ans, et avant de partir au Canada pour passer mon doctorat, j’ai voulu nager une dernière fois dans la rivière de mon enfance, dans la vallée de Doon, au pied de l’Himalaya. Là, j’ai découvert que les arbres avaient été coupés et qu’il n’y avait plus qu’un filet d’eau m’arrivant aux chevilles. La forêt auprès de laquelle j’avais grandi, que je croyais éternelle, n’était plus. Cette disparition a été un déclic. Elle m’a fait prendre conscience du mal que l’homme pouvait faire à la nature, jusqu’à anéantir des écosystèmes entiers. Je ne pouvais m’y résoudre, et j’ai rejoint les femmes du mouvement Chipko, dont le mode d’action pour résister à la déforestation consistait, lorsque les tronçonneuses se mettaient en route, à enlacer les arbres en disant : "Si vous voulez les abattre, abattez-nous d’abord." 
Ma vocation de militante s’est forgée aux côtés de ces sœurs de lutte. C’étaient des mères et leurs filles, d’origine modestes, illettrées pour la plupart, mais dotées d’une grande connaissance de ce milieu naturel. Elles savaient aussi comment mobiliser, comment agir. J’ai mis à leur service mes compétences de scientifique et mon anglais. Cette complémentarité nous a permis de réaliser un travail de terrain qui a débouché, en 1981, sur un moratoire de quinze ans sur l’abattage des arbres dans l’État de l’Uttar Pradesh. Ça a été la première victoire de ma vie d’activiste.

Le monde du militantisme a-t-il beaucoup évolué depuis cette époque ?

Durant mes premiers combats, la défense d’une cause se faisait avant tout à l’échelle locale. On s’emparait d’un problème précis, puis on créait des structures pour mobiliser les communautés concernées, alerter les pouvoirs publics et résoudre les situations au cas par cas. Aujourd’hui, il est nécessaire d’associer tous les niveaux : le local, le national, et le global. La création de l’International Forum on Globalization [fondée en 1994 à San Francisco, l’IFG est une structure altermondialiste qui associe des activistes du monde entier, ndlr] a été une étape marquante en ce sens. Pour la première fois, des gens de toutes les nationalités et de tous les horizons s’emparaient collectivement d’un problème, sans pour autant perdre leur ancrage local. Cette organisation a réussi à déconstruire le discours positif sur la mondialisation et à fédérer des revendications aux quatre coins du monde autour d’une même cause. Grâce à ce mode de mobilisation, l’IFG a pu organiser les premières grandes manifestations altermondialistes et interrompre les réunions de l’Organisation mondiale du commerce à Seattle, en 1999.

Internet et les réseaux sociaux semblent une aubaine pour donner de l’ampleur à une cause... 

La technologie n’est qu’un outil parmi d’autres. Elle ne doit jamais se substituer au terrain. Il est important de s’organiser en parlant avec les autres, en ayant un contact avec les communautés locales et en menant des actions ancrées dans le réel. Du reste, l’impact des outils de mobilisation en ligne me semble faible. Ceux qui détiennent le pouvoir se moquent des pétitions Internet : vous pouvez inciter les gens à cliquer, récolter 500 000 signatures pour une cause, cela ne représentera souvent rien pour eux. En revanche, cinquante initiatives concrètes de fermes écologiques, voilà quelque chose qui pèse réellement. Utiliser la technologie, les réseaux sociaux, comme une caisse de résonance pour accroître le potentiel de la lutte, oui. Mais à condition de ne pas en faire une fin en soi.

Féminisme, droit des minorités, lutte contre les OGM… Vous avez été de tous les combats. Une cause vous paraît-elle aujourd'hui prioritaire ?

Selon moi, le plus gros problème auquel est confrontée l’humanité, c’est la mainmise de l’industrie agro-alimentaire sur la production de nourriture. L’épuisement des sols et des réserves d’eau, la destruction de la biodiversité, les émissions de gaz à effet de serre et même une grande partie du chômage mondial sont étroitement liés à l’agriculture et à l’alimentation. C’est donc, selon moi, la thématique fondamentale, celle qui conditionne les crises écologique, économique et démographique actuelles.
Quand j’ai organisé le rassemblement de 500 000 fermiers et activistes à Bangalore, en 1993, pour manifester contre les grands semenciers et leur emprise sur les graines, il m’est apparu clairement que des paysans qui cultivent leur propre sol, qui plantent leurs propres semences, sont des hommes capables de vivre en totale autonomie. Peut-on être plus libre qu’en produisant soi-même son alimentation ? Pas étonnant que l’industrie tente de soumettre cette agriculture vivrière. Une telle liberté effraye le pouvoir et menace le règne de la cupidité sous toutes ses formes. Voilà pourquoi ce sont eux qu’il faut favoriser, eux qu’il faut protéger en premier lieu. Les enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui agitent notre société convergent tous vers la nécessité de rechercher au maximum l’autonomie alimentaire, à l’échelle d’une ville, d’un village, d’une communauté ou d’une famille. Cette quête permet de s’affranchir progressivement du pouvoir de la grande distribution et des multinationales.

Peut-on tendre vers cette autonomie dont vous parlez lorsqu’on est citadin… et que l’on n’a pas de jardin ?

Ceux qui ne possèdent pas de terre ont aussi un rôle majeur à jouer, et l’ampleur des plantations est moins déterminante que la profondeur de l’engagement et de la conviction. Un seul bac, un seul pot, une seule graine peuvent faire la différence. On peut commencer très simplement, par exemple en changeant sa façon de cuisiner, en ayant recours à des ingrédients plus variés, s’inspirant des traditions culinaires de l’endroit où l’on vit. Un rapport de 2014 du Centre international d’agriculture tropicale a montré que le régime alimentaire dit globalisé, qui ne repose que sur quatre grandes cultures (blé, riz, pomme de terre, sucre), nuit à la biodiversité agricole. Non seulement cet appauvrissement est préjudiciable pour l’environnement, mais il favorise l’obésité, les maladies cardiovasculaires, le diabète. La diversification de nos assiettes poussera les producteurs à adopter un éventail plus large de variétés. Par ailleurs, chacun peut trouver près de chez lui un fermier qui utilise des semences paysannes, et acheter des produits directement auprès de lui ou d’une AMAP [association pour le maintien d’une agriculture paysanne]. Ces comportements ont le pouvoir de changer l’économie de fond en comble et de réhabiliter massivement les graines libres. 

Vous avez fondé une ONG, Navdanya, qui défend justement les semences paysannes. Pourquoi ce combat est-il si important ?

Les semences hybrides et OGM, celles que commercialisent les géants de l’agro-industrie, comme Monsanto, ne sont pas des vraies graines, mais une marchandise. Censées permettre une récolte un peu plus abondante, elles imposent de pratiquer la monoculture intensive, demandent plus d’irrigation, coûtent beaucoup plus cher, sont plus vulnérables aux aléas climatiques et, surtout, ne peuvent être conservées par les paysans, puisqu’elles sont justement conçues pour ne pas être reproductibles. Les vraies graines doivent au contraire être renouvelables, diverses, et produire des aliments riches en goût et en nutriments. 
Pour empêcher que ces dernières ne deviennent la propriété intellectuelle de trois ou quatre grands semenciers, qui, depuis vingt ans, se sont lancés dans une vaste entreprise de brevetage du vivant, nous avons créé en Inde un réseau de 120 banques de graines communautaires. Les semences y sont considérées comme un bien commun. Si un agriculteur en a besoin, nous les lui donnons gratuitement. Il les plante puis en rend un quart à la banque ou bien les transmet à un autre fermier. L’important, c’est que les graines circulent, poussent, évoluent, s’adaptent à la façon dont le climat lui aussi change. L’évolution de leur patrimoine génétique se fait ainsi grâce au travail conjoint de la nature et des agriculteurs, en respectant la logique du vivant et non les lois du profit à tout prix. 

Existe-t-il, selon vous, une bonne méthode pour défendre une cause ?

Chaque militant doit trouver sa propre voie. Mais au cours de mes quatre décennies d’activisme, j’en ai vu beaucoup se disperser et, de leur propre aveu, s’épuiser jusqu’au burn-out. Cela arrive quand on tente de résister à une situation qui nous paraît injuste, sans proposer de solutions concrètes en contrepartie. Pour militer sur le long terme, il faut trouver le bon équilibre entre résistance et alternatives positives.
Prenez Gandhi. Il ne s’est pas contenté de pratiquer le satyagraha, cette "étreinte de la vérité" qui consiste à se battre par la non-violence et la désobéissance civile. Au-delà de ce refus, il a agi : pour dénoncer l’accaparement de la production de textile par l’Empire britannique et l’interdiction d’autoproduire les vêtements. Chaque jour, le Mahatma filait le coton, fabriquait ses propres habits et a fait du rouet son symbole. Gandhi a montré que la liberté, c’est à la fois le courage de dire non et le pouvoir de faire ce qui est juste. Le rouet et le satyagraha sont mes racines militantes. Les deux sont indispensables et indissociables. C’est sur cette base que j’en appelle à une forme de désobéissance créatrice, qui ne consiste pas seulement à dire non, à critiquer, mais aussi à proposer un changement et à l’incarner dans sa vie de tous les jours. 

Quel conseil donneriez-vous à tous ces militants qui ont parfois l’impression de se battre contre des moulins à vent ?

Le sentiment qu’il n’existe pas d’alternative au système actuel, que notre avis ne compte pas et que les initiatives citoyennes n’ont aucune chance d’aboutir peut conduire au découragement. On peut aussi avoir l’impression que le combat n’est jamais totalement gagné. Dans ma vie de militante, j’ai eu quelques belles réussites, en mettant fin à des monocultures d’eucalyptus ou en empêchant le dépôt de brevets sur certaines graines. Mais les multinationales, les grands semenciers, se sont systématiquement employées à remettre en cause ces acquis, en s’engouffrant dans la moindre brèche. Voilà pourquoi il faut rester constamment vigilant. Toute victoire doit être défendue. On a utilisé contre moi tous les leviers imaginables : les menaces, les ruses, les coups bas, les opérations de séduction ou de décrédibilisation. Au final, je remercie mes détracteurs. Leurs attaques répétées m’ont confortée dans l’idée que ma cause était la bonne. Elles m’ont donné l’énergie de m’y accrocher et m’ont enseigné une leçon : un militant doit s’efforcer d’être le plus résilient possible.

Interview extraite du hors-série GEO sur Ces héros qui changent le monde (janvier – février 2018).




GEO - Mardi 19 décembre 2017

Médecine, écologie, éducation, droits de l'Homme... Ils s'engagent et se battent pour rendre la planète plus belle. Dans son nouveau numéro, GEO dresse les portraits de ces acteurs du changement. En vente dès ce mercredi chez votre marchand de journaux.

L'édito - Ils rêvent d'un autre monde

Faut-il des héros pour changer le monde ? Un dialogue me revient en mémoire, entre Galilée et son disciple Andrea, dans la pièce de Berthold Brecht, La Vie de Galilée : «Malheureux le pays qui n’a pas de héros», disait Andrea. «Malheureux le pays qui a besoin de héros», répondait Galilée… Qu’importe. Nous avons fait le choix de vous présenter ce numéro qui met en avant ces hommes et ces femmes qui changent le monde. Et de les qualifier de héros. Le flot continu des informations, en effet, projette sur le devant de la scène quelques acteurs majeurs, des hommes politiques, des vedettes du sport et du show-biz, voire, hélas aussi, des guerriers ou des terroristes. Les mêmes noms viennent et reviennent à la lumière, et cette lumière crée l’ombre qui, justement, masque l’existence de citoyens exceptionnels. Au sein d’associations ou d’entreprises, ceux-ci inventent de nouveaux procédés, technologies ou liens de solidarité qui vont changer le monde. De ces hommes et ces femmes, les «grands-messes » de chefs d’Etat qui se penchent sur l’avenir de la planète parlent peu. Pourtant, sur le terrain, dans les villes, les laboratoires, les forêts, les écoles, ces citoyens créent les conditions qui permettront à l’humanité de vivre mieux et autrement.
Epiphénomènes ? Non. Le foisonnement des initiatives est saisissant. Porté par l’aspiration, celles des jeunes notamment, de créer des conditions pour que le monde de demain soit meilleur que celui d’aujourd’hui. Pour sélectionner les réalisations les plus marquantes, la rédaction de GEO n’est pas, bien entendu, partie de rien. Nous avons d’abord analysé le travail de sélection effectué par de nombreuses entreprises et fondations (Ashoka, Yves Rocher, Schwab, Rolex, etc.). Nous avons ensuite écarté les actions trop locales ou trop peu abouties pour être significatives. Enfin, puisque nous ne voulions pas vous présenter un annuaire ennuyeux, nous avons retenu les acteurs dont les images ont marqué nos esprits et nous disent le contexte, géographique notamment, du combat qu’ils mènent.
Laxmi Argawal, Latifa Ibn Ziaten, Andrew Bastawrous, Bunker Roy, Vandana Shiva… Certains rejoindront peut-être, un jour, le Panthéon des héros (Luther King, Gandhi, Mandela…) qui ont compté dans l’Histoire. D’autres resteront enfouis dans ses tiroirs oubliés. D’autres encore devront cesser leur combat, de force, car dans certains pays, quand la défense de l’homme ou de la nature déplaît au pouvoir en place ou aux intérêts privés, le militantisme se paye avec le prix du sang et l’héroïsme confine au martyre. Mais tous ces héros de l’humanité ont un point commun : ils rêvent d’un monde meilleur, et, pour y parvenir, ils commencent par changer la vie de ceux qui les entourent, la leur aussi, sans attendre l’action des Etats ou des institutions politiques, qui, un jour, espèrent-ils, relaieront et amplifieront leurs actions en créant des lois ou des droits nouveaux. L’écrivain Albert Camus nous l’avait déjà appris : «Pour qu’une pensée change le monde, il faut d’abord qu’elle change la vie de celui qui la porte.»

Eric Meyer, rédacteur en chef



 

Au sommaire de ce n° 14 de GEO Hors-série

 

Acteurs du changement - Portraits de onze personnalités engagées pour le mieux-être de la planète.
Rencontre - Face aux atteintes aux droits de l’homme, aux pillages des ressources, à la déforestation, l’activiste indienne Vandana Shiva en appelle à la désobéissance civile.

Préserver la Terre

Sarah Toumi : une entrepreneuse face au désert. Elle veut faire reverdir la Tunisie et donner du travail aux agricultrices.
Cary Fowler : il a créé l’arche de Noé de la biodiversité. Des graines du monde entier affluent vers ce «coffre-fort» construit en Norvège, dans l’archipel du Svalbard. Reportage.
Valérie Cabanes, juriste, spécialiste des droits de l’homme. Cette femme défend les peuples autochtones face aux abus des multinationales les plus polluantes.

Améliorer le quotidien

Bunker Roy : il a fondé le Barefoot College. Cette ONG indienne forme des femmes analphabètes à l’ingénierie solaire pour éclairer des villages isolés et démunis. Reportage sur les «mamas solar» à Zanzibar.
Jack Sim : le roi du petit coin. Cet ancien entrepreneur singapourien se bat pour que tout le monde ait accès aux toilettes.

Transformer l’espace urbain

Architectes - Les inventeurs de villes zéro carbone. Ils repensent l’urbanisme pour réduire l’impact de l’homme sur l’environnement. Voici quatre de leurs projets.
Kimbal Musk : un pionnier de l’agriculture urbaine. Aux Etats-Unis, il a créé des containers haute technologie pour cultiver en ville.
Daan Roosegaarde : designer néerlandais. Il a conçu des tours dépolluantes pour rendre les cités plus belles et plus propres.

Réparer les vivants

Conor Walsh : le surdoué de la robotique médicale. Ses combinaisons connectées permettent aux victimes d’un AVC de remarcher plus vite.
Andrew Bastawrous : il sauve des yeux avec un smartphone. Cet ophtalmologue a inventé des solutions pour diagnostiquer des populations isolées dans la brousse africaine.
Alain Brunet : un psychologue contre les traumas. Son traitement efface la douleur liée à un souvenir épouvantable.
Mehmet Yigit : le chimiste anti-Ebola. Avec ses équipes, il a conçu un test rapide et bon marché pour dépister le virus.

Défendre une éthique

Latifa Ibn Ziaten : une mère contre la radicalisation. «Je me bats pour qu’il n’y ait pas d’autres Mohamed Merah», explique-t-elle.
Laxmi Agarwal - Victime d’une attaque à l’acide, défigurée, cette Indienne a décidé d’aider les femmes qui ont connu le même sort.
Silva Watt-Cloutier - Cette Inuite se bat pour le «droit au froid», afin de sauver les peuples de l’Arctique.
Tribune - L’écrivain Lionel Astruc rend hommage aux centaines de défenseurs de l’environnement assassinés.


  
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Si la pluie mouille le jardin, lisez des bandes dessinées, des recettes de cuisine ou des magazines automobiles afin de moins vous mortifier...
Si une éclaircie pointe à l'horizon, saisissez le bouquin abandonné l'avant-veille pour vous installer confortablement devant la vitre du salon.
Si le soleil perce au travers des nuages, prenez un des titres que je vous recommande et jetez dans les cendres de la cheminée une mèche de vos cheveux pour conjurer le mauvais sort... mais de grâce, lisez, lisez encore, lisez toujours.

Il n'y a pas que le sexe ou le travail dans la vie, pas plus qu'il n'y aurait que des bons ou des méchants autour de vous...

Vous lisez ? Un peu, beaucoup...

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Playing for Change : un succès planétaire !

Playing for Change est un projet musical multimédia qui met en scène des musiciens des quatre coins du monde pour diffuser un message de paix. En mars 2005, Mark Johnson, ingénieur du son et réalisateur, filme le guitariste et chanteur Roger Ridley dans les rues de Los Angeles, interprétant Stand by me. Il décide alors d'ajouter à cette même chanson d'autres musiciens dont Grandpa Elliot à la Nouvelle-Orleans avec sa voix chaude, en superposant leur interprétation à celle de Roger Ridley.

Il part alors avec son équipe à Barcelone, où il enregistre notamment Clarence Bekker sur Stand by me avant de partir pour l'Afrique du Sud, l'Inde, le Népal, le Proche Orient afin d'enrichir Stand by me et d'autres chansons créées sur ce même concept. La vidéo officielle de Stand By Me compte aujourd'hui plus de 39 millions de visites sur Youtube et Dailymotion (actualisé en 2012).

Stand by Me (Reste près de moi) est une chanson interprétée par Ben E. King alias Benjamin Earl Nelson (1938-2015), composée et écrite en 1961 par lui-même avec Jerry Leiber (1933-2011) et Mike Stoller (1933- ..).

La Fondation Playing for Change est une organisation à but non lucratif destinée au développement d'écoles de musiques à travers le monde. En 2008, une première école de musique est créée par la Fondation à Guglethu, (Ntonga Music School), dans la banlieue de Cape Town, en Afrique du Sud. En 2010 deux écoles de musiques construites et ouvertes: L'École de Musique et de Dance Bizung, à Tamalé (Ghana), L'École de Musique de Kirina (Mali). La Fondation Playing for Change développe des programmes éducatifs au Népal à Tintale (Katmandu) et au Rwanda (Intore Cultural Center) en collaboration avec d'autres organisations.
La formation musicale " The Playing For Change Band " sera en tournée à travers le monde dès février 2012. On y retrouvera Mohammed Alidu (percussions - Nord du Ghana), Clarence Bekker (voix - Pays-Bas/Surinam), Grandpas Elliot (voix/harmonica - Nouvelle-Orléans), Mermans Kenkosenki (voix/percussions - République Démocratique du Congo), Jason Tamba (guitariste - Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo) et Titi Tsira (voix - Gugulethu, township du Cap-Occidental, Afrique du Sud).

D'autres chansons sont rassemblées sur un cd/dvd produit en collaboration avec Concord Records, sorti en avril 2009 aux États-Unis. En 2010, un deuxième album sort, Playing for Change Live, qui réunit des artistes du monde entier sur scène. En 2011, un troisième album sort, "PFC 2: Songs Around The World".

Le documentaire "Playing for change : Peace trough music", (83 min) réalisé par Mark Johnson et Jonathan Walls est un voyage musical sur quatre continents qui relate la réalisation de ces chansons autour du monde, nous mène à la rencontre de musiciens de divers horizons, évoquant la réalité dans laquelle ils vivent et contemplant le pouvoir de la musique en tant que vecteur universel de paix. Le film est d'abord présenté en 2008 dans une version inachevée au Festival du Film de TriBeCa, à New York, avant d'être diffusé dans une version courte (57min), en été 2009 sur le "Public Broadcasting Service" (PBS) - réseau de télévision public à but non lucratif avec 354 stations de télévision membres aux États-Unis qui le détiennent en propriété collective. La version finale (83 min) est sortie aux États-Unis en octobre 2009 aux États-Unis en DVD en septembre 2009.


Pour vous, selon les circonstances, écrire correspond à...



. une vraie corvée qui vous pourrit la vie ? Vive le dictaphone, le téléphone sans fil et votre webcam...


. une étape obligatoire dont vous vous accommodez pour rédiger un rapport, demander une augmentation de salaire, vous plaindre d'un commerçant malhonnête ou dénoncer un voisin trop bruyant ?


. une activité archaïque, de la nostalgie au charme suranné qui vous ramène au temps de votre enfance, à l'époque des pleins et des déliés, du porte-plume, des plumes Sergent-Major et du bonnet d'âne ?


. un simple plaisir qui vous rend heureux, en maniant le verbe et la langue, afin de faire de belles phrases pour offrir de beaux voyages imaginaires à vos correspondants coincés dans la routine du quotidien ?


. une véritable drogue, vous êtes graphomane ? Pas un jour, pas une heure sans une ligne dans votre journal, sur l'écran d'un de vos ordinateurs, sur une feuille blanche, sur une page de carnet, dans la marge du journal parcouru en buvant votre café noir.


. une religion païenne ? Tous les jours, vous remerciez le ciel d'avoir permis aux sumériens des temps Anciens de vous léguer une si belle invention.

... dîtes-moi donc à quoi correspond, pour vous, le temps passé à écrire ?

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